Peintures (peinture abstraite, collages)
Kunstkamer, Anvers
1962
En 1962, à vingt et un ans, Jacques Charlier réalise à la Kunstkamer d’Anvers sa toute première exposition personnelle. Il y montre des peintures abstraites et des collages. C’est le point de départ d’une trajectoire qui le mènera, quelques années plus tard, au pop art puis à l’art conceptuel.
Un peintre autodidacte
Charlier n’est passé par aucune école d’art. Il découvre la peinture seul, en dehors de tout cercle d’artistes. Après quelques toiles figuratives vers 1960, il se tourne très vite vers l’abstraction. Ses premières toiles abstraites sont surtout des exercices, le temps de constituer un métier. À l’automne 1961, il se sent assez sûr de sa technique pour peindre « authentiquement » : la composition, d’abord stable et rigide, se diversifie, et des matériaux étrangers à la peinture s’intègrent peu à peu aux reliefs de ses tableaux.

La même année, il découvre à Anvers le Hessenhuis et la galerie Ad Libitum. À Paris, il fréquente la galerie Sonnabend, qui vient d’ouvrir quai des Grands-Augustins : c’est là qu’il découvre le pop art et voit arriver les premiers Warhol.
La réception
Un article paru dans la revue liégeoise L’Essai en mai 1962 salue l’exposition. Son auteur insiste sur la « précoce maturité » d’un talent né dans l’isolement, sans influence d’aucun groupe. Il voit dans les dernières toiles une œuvre qui répond aux exigences de l’avant-garde, une avant-garde sans exhibitionnisme, qui remet en question la surface plane du tableau et son rapport à la lumière. Il annonce aussi que le public liégeois pourra bientôt voir ces œuvres à la galerie Jean Dols, à Liège.
Ce qu’il en reste
Les collages de cette première période n’ont pas survécu : ils ont été jetés en décharge. Un an plus tard, en avril 1963, Charlier expose à nouveau à la Kunstkamer, au moment même où il abandonne l’abstraction pour une nouvelle figuration.
In English
In 1962, aged twenty-one, Jacques Charlier held his very first solo exhibition at the Kunstkamer in Antwerp, showing abstract paintings and collages. Entirely self-taught, he had turned to abstraction around 1960 and, from autumn 1961, began integrating non-painterly materials into the reliefs of his canvases. A review in the Liège magazine L’Essai (May 1962) praised the precocious maturity of his work. The collages from this period were later thrown away and no longer exist.
