Peintures, collages
Kunstkamer, Anvers
Avril 1963
En avril 1963, Jacques Charlier expose pour la deuxième fois à la Kunstkamer d’Anvers, un an après y avoir tenu sa première exposition personnelle. L’exposition marque un tournant dans sa trajectoire : l’artiste y montre encore de la peinture abstraite, mais il est déjà en train de la quitter.

L’exposition
Charlier présente d’anciennes œuvres, abstraites pour la plupart, et des collages réalisés pendant l’hiver 1962-1963. Depuis sa visite de la Biennale de Venise de 1962, où il a été frappé par les petits tableaux d’un peintre figuratif tchèque, il est convaincu que l’abstraction ne peut plus que tomber dans l’académisme.

Le vernissage
Au vernissage, il parle déjà d’une « nouvelle figuration » et montre à ses amis et aux journalistes de petits assemblages faits de photos-souvenirs. Une fois l’exposition terminée, il s’engage à fond dans cette nouvelle voie : il renonce d’abord à la couleur, puis assemble moulures, lattes, objets de rebut, vieilles photos et lettres de famille dans des panneaux à l’atmosphère nostalgique.

Prolongements
Ce récit est celui de Nicole Forsbach, alors épouse de l’artiste et future co-animatrice avec lui du groupe et de la revue Total’s, dans le petit catalogue publié après la distinction obtenue par Charlier au Prix Jeune Peinture belge (Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 1964). Elle y décrit l’évolution qui suit la Kunstkamer : les « Boîtes magiques » nées du souvenir de l’enfance, puis, après la découverte des pop artists anglais à la Biennale de Paris en septembre 1963, les façades, cartes postales et cafés qui inscrivent son œuvre dans le pop art. Le même catalogue contient un texte de J. Cornet, ancien professeur puis directeur d’une école des beaux-arts, qui salue la sincérité de ce passage au pop.
In English
In April 1963, Jacques Charlier exhibited for the second time at the Kunstkamer in Antwerp, showing mostly earlier abstract works and collages made the previous winter. At the opening he was already speaking of a “new figuration” and showing small assemblages made from souvenir photographs. Right after the show he abandoned abstraction, first giving up colour, then building nostalgic panels from mouldings, discarded objects, old photos and family letters. Within months this path led him to Pop Art, as Nicole Forsbach recounted in a 1964 catalogue.
