Photocalques
Galerie Jean Baudoux, Liège
1967
En 1967, Jacques Charlier présente à la galerie Jean Baudoux, à Liège, ses Photocalques, une série réalisée entre 1965 et 1967. Dans la chronologie de l’artiste, cette exposition appartient à sa période pop, où la photographie et l’objet de consommation prennent une place centrale, juste avant les tableaux noirs et blancs de 1967-1968.

Les œuvres
Les photocalques sont des agrandissements photographiques transparents, installés dans des caissons lumineux, puis collés sur panneaux. Ils isolent des objets de la société de consommation, souvent en grand format. La plupart ont été détruits depuis.

Le texte de Nicole Forsbach
Nicole Forsbach, alors épouse de l’artiste et co-animatrice avec lui du groupe et de la revue Total’s, accompagne la série d’un texte et de photographies. Pour elle, l’objet de luxe industriel se croit éternel : lignes simples, formes rationnelles, matériaux inusables. Il ne meurt pas d’usure mais de la consommation et de la mode, qui le remplacent sans cesse par une nouvelle génération d’objets. En isolant l’objet, les photocalques de Charlier soulignent ce « bannissement absurde » et en figent l’imminence (texte repris dans Les règles de l’art, 1983, p. 150).

Prolongements
Les photocalques sont à nouveau évoqués dans le catalogue de l’exposition Aspects de l’art actuel en Belgique (ICC, Anvers, 1974) et dans celui de l’exposition de Luxembourg (1999-2000), qui en donne la description technique reprise ci-dessus.
In English
In 1967, Jacques Charlier showed his Photocalques (1965-1967) at the Jean Baudoux gallery in Liège. These works were transparent photographic enlargements placed in light boxes and then mounted on panels, isolating consumer objects such as a Wurlitzer jukebox. In an accompanying text, Nicole Forsbach described the industrial luxury object as condemned not by wear but by consumption and fashion. Most of the photocalques have since been destroyed.
